Les parents épuisés donnent encore à leurs enfants

Burn-out parental : le reconnaître et l’éviter

Burn-out parental

Les spécialistes se sont appuyés sur les connaissances concernant le burn-out professionnel pour parler du burn-out parental. Les mécanismes y sont assez similaires.

Il est de mieux en mieux connu mais encore peu évoqué.

Les mères ne sont pas les seules à être impactées, le burn-out paternel existe au même titre que le burn-out maternel, même si ce n’est pas dans les mêmes proportions.

Peu importe le nombre d’enfants (on peut faire un burn-out avec un enfant) mais les statistiques tendent à démontrer que les mamans élevant 3 enfants sont plus exposées.

Les parents-solos sont aussi concernés par ce syndrome.

Qu’est-ce que le burn-out parental ?

Ce n’est pas une maladie mais un syndrome (ensemble de symptômes), lié au stress répété. Le stress prolongé en l’absence de ressources amène les parents à se sentir dépassés par leur rôle.

Ce qui peut stresser un parent : les cris et pleurs, les demandes itératives des enfants et le besoin d’exclusivité, les horaires pris comme contrainte, les tâches répétitives, le manque de sommeil, le regard des autres, beaucoup de tâches à accomplir pour peu de reconnaissance…

On remarque que les personnes perfectionnistes dans leur rôle parental sont à risque par rapport à ceux qui font « juste ce qu’ils peuvent ».

On est en burn-out quand on ne peut plus du tout assumer ses responsabilités parentales, se lever le matin, quand on n’a plus du tout d’énergie.

1)     Comment reconnaît-on le burn-out parental ?

Certains critères le caractérisent :

  •  Le niveau d’épuisement intense : bien entendu il y a la fatigue dans les activités quotidiennes mais il y a aussi l’épuisement émotionnel et mental (oublis, difficultés de compréhension et de concentration). Cette fatigue a entraîné des douleurs physiques importantes ou des pathologies. On peut avoir la sensation de ne plus pouvoir se reposer, même quand cela serait possible. Certains parents peuvent devenir agressifs sans le vouloir.
  • Le ras-le-bol du rôle parental : on a l’impression qu’on n’y arrivera jamais, on voudrait changer de vie.
  • Le désinvestissement du rôle parental : on fait le minimum (repas, coucher, soins…) mais l’investissement émotionnel a disparu. On ne pense plus qu’à une seule chose : s’éloigner émotionnellement de ses enfants (les mettre au lit, les faire garder ailleurs, les emmener en poussette pour ne pas avoir à s’en occuper…).
  • Le changement par rapport à « avant » : on doit comparer la situation par rapport à celle qui était connue avant la période d’épuisement. Il faut en tenir compte si la différence est significative. (Par exemple, un parent qui ne joue pas avec son enfant ne l’a peut-être jamais fait auparavant).

2)     C’est quoi la différence avec une dépression ?

Lors d’une dépression, l’état du patient est en rapport avec tout ce qui se passe dans sa sphère privée mais aussi professionnelle. C’est plus général. Un ensemble de choses qui font que l’on se sent déprimés.

Dans le burn-out parental, le mal-être vient uniquement du rôle de parent.

D’autres facteurs de stress peuvent amplifier le burn-out comme la perte d’un proche, des soucis professionnels…mais ils ne sont pas le nœud du problème.

Pour prévenir l’épuisement parental :

  • Il faut déjà en être conscient, savoir que ça existe, reconnaître que l’on est dans une grande fatigue et ne pas le nier en disant « ça passera » ! Si l’épuisement persiste après une bonne dose de repos, il faut aller creuser plus loin. Pensez aux besoins vitaux essentiels : manger et dormir en quantité suffisante et en qualité aussi (éviter les excitants qui ne fait que repousser le problème).
  • Bien entendu, il faut essayer de limiter la fatigue au maximum et pour cela en général il faut lâcher-prise, prendre de la distance par rapport à tout ce qui nous semble hyper important mais finalement qui ne l’est peut-être pas tant que ça. Par exemple, vous pensez qu’il faut faire tous les repas vous-mêmes car c’est meilleur pour la santé. Personne ne dit que c’est faux mais on n’est pas obligés de faire des repas uniquement maison ; on peut aussi lâcher sur ce sujet et manger un peu plus industriel pendant quelques temps.
  • Renoncer à l‘idéal de la mère parfaite, faire moins mais faire bien.
  • Penser à soi (non, ce n’est pas égoïste, juste une nécessité) : réfléchir à ses besoins, ses aspirations. Ne pas passer systématiquement en second voire en troisième.
  • Rompre l’isolement : parler de la situation avec d’autres mamans, se rendre dans des endroits dédiés à la relation parent-enfant. Faire baisser le sentiment de culpabilité.
  • Se faire aider par ses proches : conjoint, parents, amis…mais aussi une aide extérieure (baby-sitter, aide à domicile…).
  • Communiquer sur ce qu’on ressent. Personne ne peut comprendre convenablement si on ne communique pas sur ce qu’on ressent. On croit trop souvent à tort que les autres voient ce qu’il se passe…
  • Ne pas négliger l‘activité physique.

Que faire en cas de diagnostic de burn-out ?

Je n’irai pas par 4 chemins, si votre médecin diagnostique un burn-out, vous devez ABSOLUMENT vous en remettre à lui et suivre ses recommandations et prescriptions médicales.

Vous pourrez vous informer sur des actions qui vont sûrement vous alléger mais ce ne sera pas suffisant. Lorsqu’il est installé, on ne peut pas y arriver sans aide médicale appropriée.

Plus d’infos…

Je conseille le site burnoutparental.com sur lequel vous pourrez faire en direct un test qui vous dira si vous présentez ou non les symptômes du burn-out parental.

Le samedi matin, sur Nantes, je propose au sein de Choyons-nous, coaching des séances entre mamans qui ressentent l’épuisement.

Ces séances se nourrissent d’informations, d’échanges, de témoignages et de petits ateliers de prise de conscience.

Je crois farouchement aux bénéfices du coaching pour ses résultats relativement rapides et puissants. En effet, le coaching cible le problème en lui-même et n’a aucune prétention sur l’analyse de votre histoire, de tout ce qui s’est déroulé dans votre vie. Même si le coach prend en compte le contexte, il se focalisera sur l’objectif à atteindre et comment y arriver, avec les ressources pré-existantes du coaché.

Livres :

Mère épuisée, témoignage de S. ALLENOU aux éditions Marabout

Le burn-out parental, l’éviter et s’en sortir de  Mikolajczak, M & Roskam, I. (Odile Jacob, 2017)

La fatigue émotionnelle et physique des mères de V.Guéritault, (Odile Jacob, 2004)

Comment traiter le burn-out parental? Manuel d’intervention clinque par Mikolajczak M., Brianda M, Roskam I.

Le burn-out parental de Holstein, L (2014)

Parents épuisés, stop à la surenchère émotionnelle et éducative pour éviter le burn-out parental par V. DUBAND

La charge mentale des femmes … et celle des hommes par A. SCHNEIDER

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